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mercredi, juin 23 2010

Autobiography

Once upon a time, a baby girl was born into a grey-blue thing called Biarritz. She knew it because of the smells floating in the air. Smells of water, she guessed. Then she discovered her home. This home smelled like a horse, a dog, and trees.

She lived two beautiful days with that brown haired woman who smelled something powerful called “mum”. But her leg made “ouch” when her clothes were changed, so she came back to that horrible white place...

Something called “doctor” fixed the leg, and then it was worse. The mum-woman was very important for the baby, but she was not there all the time. There was also another important thing called “dad”, but it had a different smell than “mum”. So the baby decided to smile and smile and smile. (The face goes through the ears) That new face changed all the women-in-white into a “blublublubuuubibibi ohhoooohh” sound. It was so funny that the baby laughed, and the more she laughed, the more “blublu” she received.

Then she opened her eyes as a baby-child. It was an unfinished child, just a sketch, because she was not ready to walk correctly. So she jumped into painful things called “chair” and “table”. She realized that some sounds falled from her mouth and from her throat, and she tried to use that new instrument that was her body, but she could'nt control it …

One day, mum took her, and they discovered a new home, with new colors, new smells and no dad. She looked under the bed, but he was not there. Little by little, she discovered that he still existed, but in a different place than her, and she didn't know why. So she accepted that knew space for mum and her.

Then there was a new, and enormous change in her life called Madrid. Another person entered in this strange thing called “family”. Denis always maked her laugh and he was gentle. So she accepted him.

Suddenly, she was six. And she had learned a lot of things, but the best of all was to talk. Now she could talk in french and in spanish, but spanish was still difficult. Her favorite phrases always began with “Why”, but not always get an answer. Her second favorite thing was to draw lovers, dogs , horses and fairytales. Like every child, she thougt she was the center of the universe. But mum and dad were divorced. Now she could understand the meaning of that word.

She knew that there was another man in their lives, her step-father, but she was sure that her mum could have enough place for all of them. So she had a plan, and tried to find a room in the house for her father. She talked to her mum, and employed the perfect arguments. But mum just laughed and said no. She would have to prepare new plans to unite them again.

And the years passed thrue her eyes, there was a new separation beetween her step-father and her mum, when she was ten. So they went to live in the center of the city.

At that moment, she already knew that she would never be a scientist, a chemist, even less a mathematician. The words and the draw began to passionate her. Her draw teacher had a big influence on her, and she started to really appreciate museums whithout §§§ her feets on the floor and making a fish face. Sometimes it still happens, but that is another story... At sixteen, teachers asked them for an idea of their future orientation, and she had no hesitation to say art. It was crystall clear for her. She discovered theatre, and inscribed herself to the classes, avoiding the fact that the teacher was a crazy red-haired woman, who screamed like a siren in the dark. Her best “souvenir” was the philosophy class, in wich she passed a year drawing without any reproach from the teacher because he knew it was a lost cause.

Then came the so waited experience of her preparing year for Fine Arts, which were a laugh and draw year, whith a funny group of people. She was accepted in Madrid and Salamanca.What a crazy party that night! And the adventure will probably continue until the end! That is my hope.

dimanche, juin 13 2010

Commentaire Benjamin

Tout se résume à la mort, et à la peur croissante que l'on en a. Benjamin le met en valeur à plusieurs reprises, en se basant sur la guerre de 1914-1918. Mais en réalité, c'est une certaine mort qui nous terrorise, celle de la souffrance et de la disparition totale de la trace. Car on sait à présent que c'est possible.

Mais que fait-on alors? On fait une crise dans un magasin pour un produit qui ne nous convient pas, car on ne sait plus non plus quels sont nos besoin. Brebis galeuses sans berger, plus que jamais après la seconde guerre, Tchernobyl et ses souris radioactives, puis la nouvelle guerre du terrorisme.

Autrefois on courrait le risque de se faire écraser par un camion, et l'on sortait, car il faut bien vivre. A présent il y a les bombes, le cancer, toujours le fameux camion, ou la voiture, mais aussi cette menace. La menace de toutes les terreurs humaines, de la déshumanisation par la technique, qui a fait tant de ravages comme essai lors de la première guerre mondiale, puis qui s'est perfectionnée à un point que personne ne pouvait croire lors de la seconde. Puis il y a eu les guerres civiles, les camps en Russie, que l'on a tendance à oublier... « Non pas plus riches, mais plus pauvres en expérience communicable »

La menace d'un groupe politique qui pourrait reprendre de plus belle cet état de tension qui nous caractérise et en faire ce qu'il veut. Il n'y a qu'à penser à Le Pen, qui a plané sur nos têtes il n'y a pas si longtemps. On est passés à côté, alors on dit « ouf » mais on ne se pose pas les bonnes questions. Il en existe beaucoup d'autres exemples, peu importe, nous les oublierons... Nous les garderons en nous puis ferons semblant de ne pas les voir.



Le fait est que notre connaissance ne se traduit pas en sagesse mais bien souvent en peur. Surinformés pour beaucoup de choses, personne ne nous dit que faire de tout ce que nous avalons comme information, sans un tri qui nous mènerait vers un équilibre relatif.

Alors nous consommons, nous meublons peu à peu de plus en plus de maisons, nous sommes propriétaires, nous sommes fiers, et comme cette consommation est en partie nécessaire, il est si facile d'y entrer. Oh et puis papi et mamie radotent, après tout nous sommes programmés au fur et à mesure pour délester ce qui est vieux, même quand c'est d'un être humain qu'il s'agit. On se passionne de toutes les séries et films sur les vampires en ce moment. Pourquoi cette mode revient-elle? Pour la même raison je pense, que dans les années 80, on a besoin de pousser la mort loin loin... « Car ce n'est pas une une authentique reviviscence qu'une galvanisation qui s'opère ici. » On a plus la peste, alors on se croit dotés d'une longévité surhumaine, on achète le livre et l'on en arrache la dernière page.

Nous sommes loin aussi de cet idéal de simplicité des maisons de verre de Scheerbart. Ikea nous le rend bien, finalement, notre petit salon bourgeois surplombé de bibelots, en plus « design ». « L'intérieur oblige l'habitant à adopter autant d'habitudes que possible, des habitudes qui traduisent moins le souci de sa propre personne que celui de son cadre domestique. » Mais on dirait que ça stagne, ça commence à crisser, à criser, et les petites autruches sont toujours là, avec leurs beaux sourires.

jeudi, juin 10 2010

Yang Fudong Prada

Yang Fudong PRADA

First spring

Champ/ Intérieur/ Réalité?

Musique entrecoupée, étrangeté. / Deux hommes/ Air européen et effrayé, reculent face à

Contre-champ/

Personnes portant des vêtements chinois traditionnels tournent autourd'une tenture

Brodée de fleurs, en cage

Cage de canari? Cage de tissus

Femme chinoise, regard neutre et distant, expression grave/ Toujours vêtements traditionnels

Homme au chapeau, chinois, vêtements traditionnels, soulève le voile de franges qui couvrent ses

y e u x . Regarde femme

Desir_Séduction

Extérieur/ Rêve

Femmes chinoises-beauté-vêtements Prada Accrochées à une sorte de lampadaire/

Élévation des hommes par câbles non masqués/ Machination/ Critique et Acceptation

Vers femmes/ Séduction

Selon l'ordre /

1 Chapeau

2 Parapluie

3 Valise

4 Chaussures

Résultat: Funambules? Vol, Élégance

Pieds qui bougent sans avoir endroit où se poser

Panneau derrière/ Inscriptions asiatiques et anglais/ Possible message

SINCERE/ Mot qui retentit dans l'oeuvre

Equilibre désuet/ L'absurde/ Musique/ Dimension tragique

Immeuble européanisé/ Contre-plongée/ Sublime/ Immense/ Petit

Tradition-Balconnet bois/ Cheveux attachés

2 Personnages/ Modernité/ La fille aux talons/ Problème de confort/ Féminité/ Contrainte

Sol mouillé/ Éléments/ Contrainte

Valise/ Chevaux/ Western/ Tradition

Les européens/ Confrontation couple/ Confrontation cultures/ Propagande

Traversée du plan de droite à gauche/ Inverse lecture latine

Champ/ Couple Prada/ Demi-cercle/ Même sortie

Retour du cheval/ Puissance/ Le tram et le groupe/ Mystère/ Passage/ Caméra qui défile en cercle

Gauche à droite/ Regard qui balaye la place.

Chignons/ Ornements/ Luxe/ Rapport à la marque/

Glissement à travers les personnages/ Mélange/ Contrer une réalité/ Noyer les clichés/ Mais critique

Européens/ Perdus/ Humour/ Solitude/ Tourisme/ De l'élégance au ridicule/ Le fil

Couple chinois/ Hiératique/ Beauté/ Gravité de l'instant/ Pas de réponse/ Littéralité brisée/ Jeu

Femme chinoise/ Recherche/ Regard fuyant vers

Contre-champ/ Les jeunes hommes au chapeau/ Marchent vers/

Lampadaire/Propagande arrachée/ Retour/ Case départ/ Échelle/ Monter

Couple chinois/ Apparition par les pieds/ Arrière plan/ Approche/ Curiosité/ Départ/

Errances qui créent de fausses histoires croisées

Balcon/ Ruine/ Abandon

Entrée dans le plan/ Les européens Prada/ Droite à gauche/ Même lieu/ Flash back initial?/ Doute

Rebalayage caméra/ Admiration du couple envers/ Femmes/ Ornements traditionnels/ Statut

Montrer et retenir le souffle/ Maintenir un halo de mystère/ Voguer/ Regard externe vers intérieur

Intimité/ Voyeurisme quasi permissif/ Sans réponse/ Questionnements/ Sans réponse

Consommation/ Femme à la vue/ Prostitution?/ Produit/ Mélange/ Le vague

Apparence simple/ Champ/ Femmes/ Contre-champ/ Hommes/ Pas que séduction/ Réalité du plan?

Tension/ Deux hommes chinois/ Vêtement et tradition/ Regard dans le dos des deux jeunes

Jugement/ Semblant de famille fermée/ Acceptation des nouveaux arrivants/

Risquer une réponse trop hâtive/ Simpliste/ Non/ Se promener plan par plan/

Accompagner regard-caméra

Intérieur/ Repas/ On retrouve le couple chinois/ Regard lattéral/ Importance du thé

Mise en valeur de la porcelaine/

Extérieur/ Jeunes aux valises/ Même errance/ Moins de tension/ Plus de recherche/ Tristesse

Le second s'arrête, regard par dessus l'épaule/ Circulaire/ Le même que la caméra/ Pas de réponse

Intérieur/ Regard de face/ Femme chinoise au chignon/ Respiration marquée/ Retenue

Reste ce quelque chose/ Efficacité dans la propreté de l'image/ Du jeu

Retour arrière/ Peut être/ ÉLEVATION/ Mêmes câbles/ Et la mode?

Pourquoi regard mêlé/ Mêlancolie

Regard sur le fil/ File/ Tient à un fil/ Funambule/ Bulletin/ Vision/ Plongée/ Réunion nouvelle

Hommes dans les airs/ Hommes qui courrent vers le tram/ Rue-promenoir-vitrine

Ralenti/ Plongée de parapluies/ Au sol/ Image certes/ Ridicule presque/ Tient à un fil/ Certes/ etc

Homme chinois/ Tailleur/ Observateur/ En retrait

Départ/ jeune couple chinois/ Tram/ Suivre les rails/ Groupe qui court derrière/ Statut/

On ne sait dans quel camp joue le statut/

Status quo avec le regardeur de l'insolite

mardi, mai 11 2010

Joe Sacco

This journalist is quite a hero for me... He has two passions in his life, comics and journalism. He had no fear to unite both things. When people make that kind of decision, they don't even know where they are going to live in the future, and even less how they are going to survive. It is reassuring to see that there are artists who have found themselves before finding the clue of a job that can be a part of their happyness. Confucius said: "Choose a work that you like, and you will not have to work a single day of your life." In more, information and draw get well together, and humour is the key to all the tragedys of the world.

Machine désirante

machine désirante

Machine désirante

machine désirante

mercredi, février 10 2010

FIPA

The FIPA was an enormous free cinema for me. This was a strange event because it mixed different peolple talking about a same subject: cinema. Actually, I am not very instructed in this art, but I've always liked the atmosphere of the auditorium before the film, the nerves of the expectation and the sound of the mass. I love theatre as well and I use to demonstrate it by my enthousiasm, but I had never applauded at cinema before!

The film « Le grand ménage » was not inscribed in the fine arts, but it was funny, and when you need to laugh and a movie gives you that, it is also a good experience. It relates the story of three 50 years women who have parallel lifes in the same neighborhood. One of them is rich and has apparently nothing to reproach to herself. The second one is a psychiatrist, and the third one is their cleaning lady. But very quikly in the story, the audience understands that they will have to put themselves in others place. So, it was a typical burguese comedy, plenty of irony and sincere feelings, which i like above any sense of humour, that is why I 've chosen this film to explain my impressions about the FIPA, full of humour, but also modernity. What was very significative, is the fact that Biarritz people were laughing at themselves, maybe thinking that they are not so exagerated. That was the big irony of the situation.

In the same time, we had to exhibit our videos, so it includes all the organisation to make it almost perfect. We were very nervous that week, but it created a strong group work, which gives people special moments of harmony. To sum up, looking forward, I keep a good feeling about all the moments including the FIPA.

Je suis...

Question d'identités.

Je ne suis pas une, mais mille personnes. Un dicton espagnol cite: 

« Yo soy yo y mis circunstancias. » « Je suis moi et mes circonstances. »

Ceci a un sens très clair à mes yeux, car, qui peut avoir l'arrogance d'affirmer que sa personne est bel est bien finie? Ou pire encore, peut on affirmer être uniforme? Tout un chacun est heureux, triste idiot, et brillant, superficiel, gentil, cruel, et ainsi de suite, et cela en fonction de nos vies, nos expériences, nos sensibilités, mais aussi des éléments aussi absurdes que le temps qu'il fait aujourd'hui ou encore ce regard de travers que nous aurait fait la voisine.

Il existe de nombreux éléments microscopiques de notre physique et de notre personnalité, qui, loin de prôner la schizophrénie, nous portent et nous ballotent dans un monde de fausses identités. Bien entendu, c'est là qu'entrent en jeu les fameuses étiquettes. On nous répète incessamment depuis l'enfance ce que l'on est, ou n'est pas censé être, et par « on » je veux dire nos familles. On finit par associer à sa personne un trait de la personnalité qui peut être anodin mais devient catégorique, comme le fait d'être distrait ou colérique, puis on avale donc sa pilule en croyant fervemment à cette petite histoire. Viennent ensuite les amis, surtout à l'adolescence pour nous dicter comment parler, comment nous habiller... Ces derniers confirment souvent nos fameuses étiquettes familiales, celles que l'on tient encore en travers de la gorge. Pour certains, le problème d'identité s'arrête là, mais il suffit de gratter un peu et les premiers de la classe, les cancres et les timides refont surface.

Est ce donc ce genre de question d'identité que je dois me poser? Dois-je donc me demander sérieusement à moi même si je suis le rat de bibliothèque ou la pompon-girl? Doit on réellement commettre la trahison personnelle de se cataloguer?

Voilà ce que ma vidéo impose, voilà comment j'ai obligé mes camarades à se justifier de leur simple et pure existence à travers ce simple début, ce : JE SUIS...

Un autre élément intéressant reste encore la nationalité. On doit forcément être et se sentir français, sauf que personne ne nous explique ce que c'est exactement. Je suis née ici, mais après? Cela fait -il de moi une française? J'ai vécu vingt ans à Madrid, ou plutôt dire toute mon enfance. Le lycée français existe partout dans le monde, et tous ceux qui en sortons avons cet orgueil français de colons qui finit heureusement par s'estomper puis par disparaître après notre entrée en fac, engloutis par la marée hispanique qui nous submerge soudain. Et c'est justement là que s'opéra, dans mon cas, le miracle. L'amour de cette culture qui est la mienne par mes grands parents, puis enfin l'union des deux.

La langue est d'une grande puissance dans la construction d'un être. Puisse que nous ne sommes qu'une mosaïque de couleurs, il vaut mieux nous résigner à ne jamais exister en tant qu'entité, mais il ne faut jamais cesser pour autant de se chercher sur chaque miroir, sur chaque goutte d'eau...

Trajet personnel.

Une fois de plus, la question d'identité se repose à travers les voix que l'on entend au début de la vidéo. Ces trois voix sont en fait la même. Ce sont la camille française, récitant un poème, la camille espagnole récitant un autre poème, au même moment; tous deux étant écrits par ce « moi » narcissique qui représente aussi ma créativité. Reste la camille qui chantonne en arrière plan, la plus insouciante des trois. Ce que l'on aperçoit entre les rideaux, à contre jour, n'est que mon intérieur, tissé de sensibilité et de douceur, en contraste avec les paroles parfois dures des textes. Comme j'ai pu le citer précédemment, nous ne sommes qu'un reflet de nous mêmes, car jamais nous ne nous regardons en entier, sinon il faudrait voyager dans le temps. On peut regarder l'enfant qui sommeille en nous dans nos yeux, à travers un miroir, mais on ne le voit plus sur notre visage. Il en est de même pour toutes les facettes de notre personne. C'est ainsi que le trajet se glisse vers l'extérieur, tout en se rattachant aux reflets, comme quand on se regarde dans la vitre du bus par coquetterie. Sauf que sur cette vitre, il se passe tout un monde lumières qui nous dépasse et qui devient une chasse-poursuite de couleurs et de teintes rouges sang, rouge drosophile...

dimanche, janvier 17 2010

Dessins"

sirèneoreillefemmele mondeautoportrait

jeudi, janvier 7 2010

Lilith

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lundi, décembre 28 2009

Apprentissage du cinéma

Rencontre avec Nicolas Klotz et Élisabeth Perceval



Le regard reste la base commune entre les cinéastes et les spectateurs. ,C'est ce que l'on apprend à leurs côtés. Notre œil ment rarement. En tant que manipulateurs d'images, on a souvent envie d'en dire beaucoup, et l'on oublie que parfois la simplicité est la clef pour faire passer plusieurs sentiments à la fois. Il est donc question de cette « deuxième image », qui n'est rien de tel, car souvent une image ouvre les portes à un millier. Et c'est là que l'on ne doit surtout pas tomber dans le piège. Filmer devient un jeu, une course-poursuite après cette attraction soudaine de l'imprévu, de l'improvisé. Et curieusement, plus on lui court après, moins on le trouve. Comme dans toute relation humaine.

« Les choses ne doivent pas vous séduire, elles doivent être séduites par vous. » Elisabeth Perceval.

Il existe aussi une part de magie dans ce qui se passe à travers l'objectif, car la réalité devient fiction dès lors qu'elle est perçue et diffusée, mais dans cette manipulation il s'agit une fois de plus de rester fidèle à soi même, et de transmettre une sincérité hors norme qui se verra souillée, si la caméra ne la capte pas au bon moment.

Ainsi, tout est dans le message, et dans l'implication de ce dernier.

vendredi, décembre 11 2009

Femmes Debord


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lundi, novembre 30 2009

Biennales

B I E N N A L E

L Y O N

Ce que la Biennale a supposé pour moi est plutôt d'ordre personnel. Elle s'est avérée être un voyage initiatique dans l'art contemporain, bien que je le connusse auparavant, car je n'en avais jamais autant vu à la fois. D'autre part, il s'agit aussi d'un moyen d'intégration, de découvertes et d'apprentissage commun. Je n'avais jamais été à Lyon auparavant et en fus tout d'abord déçue, puis agréablement surprise. Les alentours de la ville m'ont semblé trop urbains, échappant moi même à une grande métropole telle que Madrid. Par la suite j'ai découvert ses parcs, puis le vieux Lyon qui s'est avéré très pittoresque.

Quant à la Biennale, la partie appartenant au musée d'art contemporain m'a plu, et je ne sais ce que l'on peut considérer ou non comme œuvre. Mais si l'on se tient au facteur technique, au message à transmettre, et à la sensibilité avec laquelle on le fait passer, on peut avoir ne serai ce que des critères assez corrects. Si l'on y ajoute que le message peut être brutal et marquant, s'imposant par lui même, ou bien subtil et sinueux, s'infiltrant dans nos consciences au fil du temps, alors s'y ajoutent d'autres éléments nous permettant de juger même si c'est en humble spectateur. Selon tout ceci, il me semble que même en étant totalement renfermé sur soi même, on ne peut affirmer qu'il n'y a aucune œuvre à la Biennale 2009.

MUSÉE D 'ART CONTEMPORAIN

Pour citer quelques exemples, l'œuvre de Robert Millin, une installation réalisée à partir de collages aux murs, de photo et de vidéo, ainsi que de messages de texte tels que: « artistes, encore un effort » comme main tendues à ses contemporains, ou « on a marché sur la lune », ironisant sur l'arrogance humaine qu'il contraste avec des images fixes de différentes personnes filmées sur un fond neutre, appelant du bétail. Serai ce une ironie nous indiquant que nous sommes nous mêmes notre propre bétail? Viennent ensuite les poignantes vidéos des employés de la SNCF, filmés de la même façon, et prenant leur repas seuls. Mais, si l'on observe bien, on se trouve soi même face à une table vide, en face de l'écran, et lorsque l'on s'y assoit, on ressent une incommunication notoire, un voyeurisme gênant, qui représente peut être une élite artistique close, empreinte de consommation face à l'incompréhension du public. L'œuvre de Millin fait beaucoup réfléchir, mais elle a le mérite d'être claire.

On peut aussi penser à l'œuvre de Sarkis, réelle installation poétique qui nous fait débuter sur un carton peint à l'acrylique en noir et rouge, illuminé par des néons donnant une ambiance mystérieuse et tragique. Il nous fait ensuite traverser une passerelle métallique au dessus de grands tubes d 'aération. Tous ces éléments font l'effet d'un non lieu. On se trouve par la suite confrontés à des messages de néons intermittents tels que: «lumière de l'éclair », où le contenant est aussi le contenu, licence poétique qui nous rapporte aux faux noms de rues accrochés un peu partout dans la salle, tels que: « la mer est brûlée », évoquant une perte de la nature, ou encore: « l'artiste est brulé » comme une lamentation de manque de créativité qui serait peut être liée à notre époque, ou à l'attitude blasée qui la caractérise. Sarkis ironise en posant un téléphone dans la salle, ainsi qu'une sculpture qui de loin ressemble à une silhouette féminine à la traîne voguant dans les airs, et de près se trouve être un soldat en porcelaine ou en porcelaine avec de vielles pellicules sur son envers. Peut être est ce aussi une façon de revendiquer le mirage de la beauté qu'offrent certaines œuvres de nos jours , mais dénouées de sens, en tout cas apparemment. De vieux journaux volent sur le sol, comme un rappel vers le passé, qui nous laisserait une réalité incertaine.

SUCRIÈRE

Beaucoup d'œuvres ont attiré mon attention, mais l'énorme installation de Barry Mc Gee m'a particulièrement marquée. En entrant, on se trouve directement face à un grand mur, où deux jeunes sont en train de faire un grand graffiti, l'un sur les épaules de l'autre. Vu qu'ils ne bougent pas beaucoup, on en conclut que c'est une sculpture... Puis notre regard se porte sur trois camionnettes appuyées sur la partie avant du véhicule, en équilibre apparemment. On retrouve du mobilier urbain, des sprays et des graffitis partout, et un espace intriguant où les curieux finissent par découvrir l'origine d'un son répétitif que l'on perçoit en entrant; il s'agit de la sculpture en bois d'une tête mécanique qui se cogne inlassablement au mur. Cela veut tout dire quant à l'ouverture d'esprit qu'il veut que l'on atteigne. On remarque aussi un lien historique entre les matériaux nobles tels que le bois, et les nouveaux instruments de peinture. De plus, le lien est aussi culturel car il a placé un élément important, le buste d'un natif américain, juste au tournant de la salle, comme un devoir de mémoire.

V E N I S E

On ne peut rien dire de Venise sans rester insuffisant. La première fois que j'y ai mis les pieds, j'avais seize ans, et je ne savais de quel côté m'extasier en premier. J'y suis allée avec ma mère et ce fut aussi un moment privilégié avec elle. Ma relation à l'art était déjà quasiment tracée, et lorsqu'un jeune étudiant en art découvre cette ville, hommage à la beauté, il se sent tout petit. Cette fois-ci je pensais être préparée à cet éblouissement, mais je n'y étais toujours pas. Malgré la fatigue, je n'ai pu éviter de trépigner d'impatience et de reproduire ce sourire béat de touriste curieuse. Afin de mieux apprendre à la connaître, j'ai fait exprès de me perdre plusieurs fois, et c'est lors d'un de ces vadrouilles que j'ai visité le musée Alberti.

La biennale de Venise a été encore plus marquante que celle de Lyon, et je ne pense pas que ce soit uniquement lié à l'emplacement.

Cependant, l' œuvre m'ayant le plus marquée est celle de Fiona Tan, car elle a supposé un avant et un après. En effet, je n'ai pas été aussi sensible au langage vidéo jusqu'à ce que je l'ai découverte, car elle sait apporter une beauté tangible mais poétique à la vidéo, lui autant ce que je croyais être de la froideur, mais qui ne demeurait en fait que technique. Cette artiste a créé un déclic réel dans ma tête, et j'en suis arrivée à me dire qu'il était possible de travailler dans cette ligne de travail, que l'on pouvait filmer sans perdre cette essence des sens dont je craignais l'aliénation. C'est la première fois que je réagis face à un travail qui ne soit pas dans mon style, ou plutôt dans une technique si éloignée de la mienne, mais peut être que l'apprentissage se fait à base de premières fois qui s'accumulent, et finissent par démolir le mur de nos à aprioris.

jeudi, novembre 12 2009

Les gnostiques

Topo: Partage d'informations, apprentissage commun, échange d'idées, et enrichissement personnel.

Les gnostiques

Un débat survient du mot « agnostique », puis nous nous demandons d'où peut venir ce mot, et au fil des étymologies, on peut se perdre sans fin dans la curiosité, ce vilain défaut …

« gnôsis/ connaissance » « agnôstos/ ignorance »

La gnôsis est bel et bien ce que nous cherchons tous, et l'agnosticisme n'est que l'acceptation d'une ignorance. Nous n'avons aucune certitude de l'existence d'un Dieu ou de plusieurs Dieux. Mais le doute laisse toujours un espoir, l'agnostique n'est nullement le frère de l'athée, il se limite à attendre de voir, à se questionner.

De fil en aiguille, la gnose nous ramène au gnosticisme, secte pour certains, religion pour d'autres. Il s'agit d'un concept selon lequel le salut de l'âme et sa libération du monde matériel passent par la connaissance directe de la divinité pour passer ensuite par une connaissance de soi.

Ces mouvements sont dénoncés comme hérétiques par leurs opposants chrétiens orthodoxes. Ils sont effectivement imprégnés de paganisme grec, iranien, chrétien et judaïque, regroupant ainsi différentes doctrines du bassin méditerranéen et du Moyen Orient, qui connurent leur apogée au second siècle av. JC. Se transmet l'idée que le monde et la matière sont des créations néfastes. Ils auraient été créés par un mauvais démiurge, et notre âme serait emprisonnée dans notre corps.

Jésus de Nazareth fut identifié par certains gnostiques comme une réincarnation de l'être suprême, envoyé pour apporter la gnose aux hommes. Cependant, la plupart pensent que le Christ est un guide, et non le fils de Dieu. Ceci donne un futur plus incertain aux gnostiques qu'aux chrétiens, qui ont la sécurité de la foi, et dominent les pas à suivre pour la rédemption.

Si l'on peut nommer un Dieu lié aux gnostiques, c'est l'Abraxas Panthée, dont l'origine vient des sept premières lettres du nom de Dieu en hébreu, qui référence à leur tour aux sept archanges, aux sept péchés, etc. Décomposés selon le système de numérotation grecque , puis additionnées, ces sept lettres nous donnent 365, le cycle cosmique annuel.

Les abraxas sont aussi des pierres sacrées portant bonheur à celui qui la porte, protégeant contre le mauvais œil. Elles étaient gravées d'entailles, portées par les chrétiens gnostiques, puis par les templiers. Elles remontent aussi au second siècle av. JC, époque où vécut Basilide d'Alexandrie, dont la doctrine tenta de réunir les courants chrétien, égyptien, grec et celte.

Ainsi, le gnosticisme découle de multiples religions, et se divise à son tour en plusieurs variantes, ce qui rend son analyse très étendue. On retrouve beaucoup de liens avec des rituels de sorcellerie, ou du moins vus comme cela au Moyen Age. Le mot « Abracadabra »viendrait d'ailleurs d'Abraxas, et reste aussi lié à l'expression hébraïque « Ha Brakha Dabra », qui veut dire la bénédiction a parlé. La recherche de la connaissance, liée à cette idée de mal omniprésent avait tout pour inquiéter les mentalités obscurantistes. Les croyances liées aux amulettes, à l'alchimie, et aux pierres étaient certes extravagantes et en apparente contradiction avec la gnose, mais aussi leur seul moyen de chercher le savoir divin. Il reste peu de textes gnostiques, religion poursuivie et interdite par la majorité, et leur grande découverte se donna en 1945 lors de témoignages repris dans les manuscrits de Nag Hammadi.

Beaucoup d'artistes se sont inspirés de ces mouvement, tel que le Britannique William Blake, peintre et poète pré-romantique, qui tira son Œuvre de visions bibliques à caractère prophétique. On peut aussi penser à Herman Hesse, notamment avec Demian, venant de Daïmon, démon en grec, qui veut dire autant démon que voix intérieure.

Le gnosticisme laisse encore des traces, même si il n'a plus une force réelle de nos jours, et reste une petite secte païenne minoritaire. Il reste une base intéressante pour étudier cette peur panique que pouvaient provoquer certains savoirs médiévaux, en comparaison avec certaines connaissances actuelles qui dérangent encore et toujours.

Pourquoi avons nous peur de la gnose?

Les Klotz, Jardin

Lorsque je suis dans ce jardin, c'est le mien. Je sais pertinemment que je ne le partagerai pas, car il finit par se fondre en un moment précis. Et je sais que l'instant est quelque chose de si intime qu'on ne saurait expliquer par des mots sa perfection. La marche en devient une danse avec les feuilles, qui bruissent et ondoient en marées d'inquiétude. Je dis bien inquiétude, car mes rêves s'évaporent peu à peu. Je sais que la réalité va embaumer mes pas. Elle va me vomir hors du royaume des songes, pour me montrer combien on est bornés dans une vie qui cahote, et rétrécit nos esprits. Et je m'accroche fermement à ce jardin, qui peu à peu se voit souillé de circulation, de visages mornes et de grisaille. Et je m'agrippe de plus belle, car je sais que ces arbres et ce vent sont tout ce pourquoi j'ai fui, un matin, les lumières et les néons. Et je me mens une fois de plus. J'ai quitté une cage pour trouver une ville. Lorsque je suis dans ce jardin, c'est le mien.

mardi, octobre 27 2009

Pensées de mode relatives à Farocki

Depuis toujours, la mode est tiraillée entre tradition et innovation.

Son but premier était de différencier les classes, bien qu'il y eût des nuances au sein de l'aristocratie, car l'argent et le statut apportaient la liberté de l'habillement et de l'excentricité. Cette dernière devenait donc un statut à part entière. Seulement pour qu'elle puisse exister il y avait bel et bien une « norme ». Avant les règles de la mode il n'y a rien à transgresser. Quand la mode n'est que protection contre les inclémences du temps, elle n'est pas encore. Pour l'instant, elle relève de l'esthétique, qui est déjà une grande manipulation. On trouve déjà un malin plaisir à cette époque, lorsque l'on joue de l'habillement pour séduire, et lorsque l'on est séduit à son tour par l'effet de mode, le luxe du tissu, la création de nouvelles couleurs. Mais à ce moment là n'intervient pas encore le marketing, on fait fabriquer ou l'on reçoit le couturier, c'est encore l'ère de la relation intime entre le créateur et sa clientèle.

Puis vient s'ajouter la dimension politique, avec l'arrivée des sans culotte. Et la mode la reçoit comme une gifle. On commence à percevoir dans l'habillement la pensée de la personne, une certaine appartenance, autre que celle de la classe sociale, et qui plus est, dans un but totalement critique. Le dandysme nous apporte un peu cette idée, mais s'y ajoutera par la suite celle d'identification à un clan, avec les futures tribus urbaines.

Entre 1800 et 1950 naît l'empire de l'éphémère qu'incarne la haute couture. Voilà une nouvelle notion pour le couturier, qui passe d'un statut d'artisan à celui d'artiste, et qui manipule une fois de plus à l'aide de l'esthétique. C'est de leur imitation bon marché que commence peu à peu à surgir le prêt-à-porter, et donc la banalisation du vêtement de luxe.

Ce concept est important dans le sens où on se rapproche de plus en plus vite du duel existant entre originalité et tradition, entre suivre la vague et nager à contre-courant. Pourtant, on entrevoit clairement qu'on fond, il s'agit de la même chose, car celui qui renie une façon de consommer accepte en même temps que cette consommation est réelle, et il commet un acte qui lui donne plus d'importance qu'il ne voudrait, en se créant un style qui n'est que l'emprunt de beaucoup d'autres, ou du passé.

Revenant à l'Histoire, un autre changement important apparaît après la deuxième guerre mondiale de façon claire, c'est la question de l'émancipation féminine à travers la mode. C'est une fois de plus un grand choc social et politique, qui tente de mettre fin à des siècles d'ombre, à l'aide d'une arme de plus en plus puissante, et la la fois totalement décontextualisée; ou plutôt empruntée pour parler d'un sujet qui va au delà de l'habillement, mais qui ne peut réellement s'en détacher.

Puis commence enfin le « cycle » de la mode, qui commence déjà à tanguer entre quelque chose de superficiel, d'identificateur, de nostalgique. Restent encore quelques points importants auxquels elle se verra liée, et il y en aura toujours, mais elle se verra de plus en plus empreinte d'une universalisation qui ne va qu'en augmentant, ce qui est normal, car elle croît en même temps que ses consommateurs, qui s'informent de plus en plus.

Un exemple assez clair est l'arrivée du jean, qui sera notre nouvel uniforme, et en parallèle naîtront tous les genres, toutes les tribus adolescentes auxquelles nous avons tous fait partie à un moment ou à un autre, et si elles nous ont marqué d'une manière ou d'un autre, c'est parce que nous avons des schémas de conduite liés à l'habillement (skin heads, gothiques, punks, hippies, new wave etc.) Tout ce que je viens de décrire ultérieurement illustre à quel point nous sommes devenus des spécialistes de l'analyse et de l'observation. Nous sommes devenus, que ce soit par analyse ou par héritage, des professionnels du premier regard, de la lecture de l'autre, de la lecture de soi, à travers notre miroir et les multiples miroirs qui se mettent sous nos yeux toujours plus vite, toujours plus facilement.

Cela devient de plus en plus complexe, et les érudits de la manipulation de l'image externe et personnelle, qui savent où notre œil va se poser avant qu'on ait le temps de penser se trouvent confrontés à cette nouvelle facette de la multicommunication, mais ils ne se laissent pas avoir.

Après l'usage des marques comme preuve de notre pouvoir d'achat viennent les rebelles de la mode du « no logo » en reprenant l'expression de Naomi Klein, qui peut vouloir dire pas de texte, mais aussi pas de langage, pas de pensée...

Elle fait ainsi d'une pierre deux coups, comme critique du manque de personnalité qu'implique l'uniforme des logos; mais elle crée sans le savoir une nouvelle mode de retour à l'authentique, de coton dit « bio », de tissus naturels, et donc de luxe sans marque. C'est un cercle vicieux dans lequel nos chers penseurs de la mode se trouvent en conflit face à un marché qui veut se démarquer de la mondialisation, tout en faisant partie irrémédiablement de cette consommation, face à un client qui lit entre les lignes, qui cherche à consommer sans culpabilité.

On obtient ainsi des scènes curieusement comiques de vendeurs exaltés qui doivent communiquer par sous entendus des messages contradictoires à un client bien informé, prêt à une bataille qu'il sait perdue d'avance, mais qu'il se rassure de mener afin de ne pas se faire avoir; alors qu'il est déjà dans la cabine d'essayage, ou à la caisse, sans trop savoir pourquoi. Peu importe le pourquoi, le commerce de l'image a toujours marché, et on se fait du bien en consommant, enfin, pour un instant. Nous avons tous la satisfaction de consommateur qui calme les pires angoisses, sauf celles du banquier...

Ainsi, notre connaissance esthétique amplifie nos désirs, qui deviennent besoins, et sans cet assouvissement vient la frustration. Aussi notre grand savoir en matière d'images ne nous sera pas d'une grande aide si nous n'avons pas de sens critique, si nous ne sommes pas raisonnables au premier sens du terme.

rêve

Rêve

J'étais dans une voiture qui ne s'arrêtait pas. Je tremblais et voguais entre les autres voitures, à contre-sens, évidemment. J'ai provoqué plusieurs petits accidents, puis ai fait délit de fuite, pour finir dans un terrain vague plein de vielles carcasses de bagnoles rouillées, auxquelles je me suis cognée pour m'arrêter. Et alors je me suis rendue compte que c'était la voiture de ma mère. Je devais la lui rendre. Redémarrage obligé, et reprise de la panique au volant.

Grand blanc.

Je suis avec ma mère, tout se passe bien, nous nous promenons. Je la revois me parlant avec un rouge à lèvre très vif et des cheveux très noirs. Quant à moi, je suis devenue un jeune homme. Je suis identique, mais au masculin. Je me demande pourquoi, ne trouve pas de réponse, me réveille.

contretexte version 2

C'est un monsieur. Un gros vilain monsieur. Il a une moustache le monsieur, et un gros nez rouge avec des bosses. Il est pas beau et y sent pas bon, mais maman dit que je dois lui dire bonjour. Alors je fais comme si que je lui fais un bisou, mais moi ce que je fais en vrai, c'est que je fais un bisou dans le rien, comme ça je me salis pas.

Et le monsieur, il marche beaucoup. Et là, il est bête parce que là, il va tomber dans le pont cassé, même que maman elle dit qu'y faut pas s'approcher, que c'est Gandereux. Et moi je sais que c'est pas bien, mais comme le monsieur il est méchant, alors je vais pas être gentille. Je vais voir qu'est ce que qu'y fait le monsieur. Je vais même pas lui dire que maman elle a dit que c'est Gandereux.

Crotte! Le monsieur il est tombé, et il a encore plus cassé le pont, maman elle va se fâcher.

mardi, octobre 20 2009

dessins

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lundi, octobre 19 2009

Le Promeneur

Je me promenais dans la nuit, et cherchais avec désespoir celle qui s'était dérobée a mon étreinte.

Le visage balayé par le vent froid, je parcourrais ainsi les avenues et les ruelles. La brume de la foule me désespérait, dans l'attente d'un visage familier. Ne sachant plus vers où voguer de la sorte, je finis par échouer dans la taverne habituelle. Nul client ne restait en ces heures tardives, et le tavernier me scrutait d'un œil bovin. A moins de trouver l'amour, un ivrogne reste un ivrogne, et le reste toute sa vie. Mon reflet fatigué luisait sur le comptoir, un verre d'absynthe à la main.

Un pas après l'autre, je martelais le sol de mes bottes. Mon orgueil de gentilhomme était grièvement atteint. Une jeune courtisane m'avait rageusement blessé de sa griffe au visage, elle qui naguère me semblait si sage. Comment osa-t-elle m'intriguer de la sorte, pour s'enfuir ensuite avec le premier venu? Était-il plus grand que moi? L'avait-il forcée de quelque manière que ce soit? J'avais pourtant cru la voir l'autre soir, peut être mon désir de la savoir à mes côtés me donnait-il de l'espoir. Il m'avait pourtant semblé lire dans ses yeux un jour, l'ombre d'un plaisir soudain. C'était une sirène, et elle avait mis ma main sur ses écailles tièdes, le regard perdu, loin de moi. Lorsque la beauté s'offre à toi, agrippe toi à cet instant, comme le ferait une huître afin de garder une amarre. Si tu chancèles, laisse toi entraîner par la vague que nul ne saurait empêcher de fouetter son corps.

Elle passa devant moi; me lança un regard incrédule; puis me bouscula à en faire tomber mon chapeau, que je fus contraint de ramasser sur un sol de plus en plus bas. Je me mis à marcher d'un pas saccadé, puis à courir après son fantôme translucide comme la fumée de ma cigarette. Puis soudain, je me trouvai près d' un pont, avec la certitude de ne l'avoir jamais vu auparavant. Je savais que ce pont était comme ma courtisane, était ce une impression? Je le sentis respirer! Combien je regrettai à présent ce dernier verre! Ou était ce l'avant dernier? Le diable enveloppa le pont pour me barrer la route, alors je m'emparai de ma canne pour le désarçonner. Les dalles firent le dos rond pour en éviter la pointe. Il était trop tard. Je crus voir la jeune femme de l'autre côté, un rire sournois sur les lèvres. Dans une rage subite, je bondis à sa rencontre, tel un troll gluant, afin d'en finir avec cette traîtresse. Mais cela ne plut pas à mon hôte qui craqua en tous sens. Dieu avait-il voulu me punir? Etait-ce le malin ou les deux à la fois? A peine eus-je le temps de me poser cette derniere question que l'eau glacée et noire me dégrisa d'un coup.

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